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5 plantes à connaître pour tous les types d’insomnie.

Sommeil & Santé naturelle · Micronutrition · Mis à jour mars 2026 · Lecture : 10 min
Par Pauline Nouvel – micronutritionniste

Sommaire :

  1. Pourquoi le sommeil change-t-il après 60 ans ?
  2. Les plantes traditionnelles : un soutien naturel bien documenté
    2.1. La Valériane
    2.2. L’Eschscholtzia
    2.3. La Passiflore
    2.4. La Mélisse
    2.5. Le Houblon
  3. Peut-on combiner ces plantes ?
  4. Conseils pratiques pour optimiser les effets des plantes
  5. Ce qu’il faut retenir

Quel type d’insomniaque êtes-vous ?

Vous vous retournez dans votre lit pendant une heure avant de trouver le sommeil.

Ou bien vous vous endormez sans problème… mais vous vous réveillez à 3h du matin, les yeux grands ouverts.

Peut-être vous réveillez-vous systématiquement deux heures avant votre réveil, sans réussir à vous rendormir.

Ou encore, vous avez l’impression d’avoir à peine fermé l’œil malgré une nuit de huit heures.

Si l’un de ces scénarios vous est familier, vous n’êtes pas seul. Jusqu’à 50 % des personnes de plus de 60 ans souffrent de troubles du sommeil, incluant insomnie, réveils fréquents ou sommeil non réparateur.[1]

Ce n’est pas une fatalité, ni une simple question de volonté — c’est avant tout une réalité biologique qu’il est utile de comprendre.

Pourquoi le sommeil change-t-il après 60 ans ?

Plusieurs mécanismes physiologiques expliquent pourquoi les nuits deviennent plus difficiles avec l’âge. En connaître les causes permet de mieux choisir ses solutions.

  1. L’horloge biologique se décale : Notre rythme circadien — l’horloge interne qui régule nos cycles veille-sommeil — se modifie avec l’âge. Il en résulte souvent une tendance à s’endormir plus tôt le soir et à se réveiller plus tôt le matin, parfois à des heures qui perturbent la vie quotidienne[2].
  2. La mélatonine diminue : La mélatonine est l’hormone naturellement sécrétée par le cerveau pour signaler à l’organisme qu’il est l’heure de dormir. Sa production décline progressivement avec l’âge, rendant l’endormissement plus long et le sommeil moins profond[3].
  3. Les douleurs et inconforts nocturnes Les maladies chroniques — arthrose, problèmes cardiovasculaires, difficultés respiratoires — peuvent fragmenter le sommeil par des douleurs ou des gênes qui surgissent dès que le corps est au repos[4].
  4. L’état émotionnel et mental L’anxiété, une humeur dépressive, la solitude ou les préoccupations du quotidien maintiennent le cerveau en état d’alerte même la nuit. Cet état d’hypervigilance est l’un des ennemis les plus courants d’un sommeil réparateur[5].
  5. Les effets de certains traitements De nombreuses personnes de plus de 60 ans suivent des traitements au long cours. Certains d’entre eux ont pour effet secondaire de perturber le sommeil ou de provoquer des réveils nocturnes[6].

Les plantes traditionnelles : un soutien naturel bien documenté

Face à ces perturbations, certaines plantes utilisées depuis des siècles dans les traditions médicinales font aujourd’hui l’objet d’études scientifiques sérieuses. Elles peuvent constituer un soutien doux et naturel pour retrouver des nuits plus sereines.

🌿 La Valériane (Valeriana officinalis) — La plante de l’endormissement

La valériane est probablement la plante la plus anciennement utilisée pour le sommeil. On en trouve des traces dans les écrits médicaux de la Grèce antique.

Comment agit-elle concrètement ?

Son mécanisme d’action repose sur l’interaction avec le système GABA. Le GABA (acide gamma-aminobutyrique) est un messager chimique du cerveau dont le rôle est de réduire l’activité nerveuse — il agit, en quelque sorte, comme un « frein » naturel sur votre système nerveux. La valériane favorise l’activité de ce système, aidant ainsi le cerveau à se mettre en mode repos[7].

Ce que dit la recherche

L’Agence européenne des médicaments (EMA) reconnaît l’usage traditionnel bien établi de la valériane pour soulager les symptômes légers de stress mental et faciliter le sommeil[7]. Le Centre national américain pour la santé complémentaire et intégrative (NCCIH) confirme une utilisation globalement sûre à court terme chez la plupart des adultes, en recommandant de ne pas dépasser six semaines de prise consécutive[8].

Comment la consommer ?

Elle se prend habituellement 30 à 60 minutes avant le coucher, sous forme de tisane (0,3 à 3 g de plante séchée dans 150 ml d’eau bouillante) ou d’extrait sec en gélule.

⚠️ Un piège à connaître avec la valériane : contrairement à de nombreuses plantes dont l’effet est immédiat, la valériane peut nécessiter 2 à 4 semaines de prise régulière avant de montrer ses effets optimaux. Beaucoup de personnes abandonnent trop tôt en pensant qu’elle ne fonctionne pas. La patience est ici une condition de l’efficacité.

🌸 L’Eschscholtzia (Eschscholzia californica) — La douce de Californie

Moins connue que la valériane, l’eschscholtzia mérite pourtant toute l’attention. Reconnaissable à ses fleurs orange vif en forme de coupe et à son feuillage bleu-vert délicat, cette plante originaire de Californie.

Les peuples autochtones de Californie, notamment les Luiseño et les Costanoans, utilisaient déjà ses feuilles en décoction pour favoriser le sommeil des enfants agités bien avant l’arrivée des colons européens.

Comment agit-elle ?

L’eschscholtzia agit elle aussi sur le système nerveux central, avec une action apaisante et légèrement sédative. Elle est particulièrement citée pour les difficultés d’endormissement légères à modérées, ainsi que pour les réveils nocturnes.

🔬 L’association valériane + eschscholtzia : une étude clinique convaincante

Une étude publiée dans Asian Pacific Journal of Tropical Biomedicine a évalué les effets d’une association de valériane et d’eschscholtzia sur 84 adultes présentant des troubles du sommeil, pendant une durée de quatre semaines[9].

Les résultats, mesurés à l’aide de l’Index de Sévérité de l’Insomnie (ISI) — un outil clinique standardisé qui évalue la difficulté à s’endormir, les réveils nocturnes et la fatigue diurne —, ont montré :

  • −30 % sur le score global d’insomnie (ISI) : une amélioration cliniquement notable de la sévérité des troubles du sommeil.
  • −50 % sur le score d’anxiété : une réduction marquée du stress et de l’agitation, facteurs clés des difficultés d’endormissement.
  • +6 points d’efficacité du sommeil (atteignant 84,6 %) : les nuits deviennent plus consolidées, avec moins de fragmentations.
  • −25 % de réveils nocturnes : moins d’interruptions et moins de temps passé éveillé pendant la nuit[9] .

💡 Pour comprendre l’efficacité du sommeil : c’est le pourcentage du temps passé au lit où vous êtes réellement endormi. Une efficacité de 84,6 % signifie que sur 8 heures au lit, plus de 6h45 sont effectivement dormies — une nuit bien plus reposante.

🌼 La Passiflore (Passiflora incarnata) — L’alliée des nuits agitées

La passiflore est traditionnellement utilisée pour ses propriétés apaisantes. Elle est particulièrement recommandée pour les personnes dont le sommeil est perturbé par l’anxiété, les ruminations ou un état de tension mentale en fin de journée.

Comme la valériane, elle interagit avec les récepteurs GABA du cerveau, mais également avec d’autres systèmes impliqués dans la régulation du stress. L’EMA (Agence Européenne des Médicaments) reconnaît son usage traditionnel bien établi pour soulager les symptômes légers d’anxiété, notamment les troubles du sommeil qui y sont associés[10].

🌾 La Mélisse (Melissa officinalis) — La douce pour les esprits actifs

La mélisse est l’une des plantes médicinales les plus anciennes d’Europe. Les moines bénédictins du Moyen Âge la cultivaient dans leurs jardins et en faisaient l’un des ingrédients principaux de leur célèbre « eau de mélisse des Carmes », utilisée depuis le XVIIe siècle contre les palpitations, les maux de tête et les insomnies. Son nom vient du grec melissa — « abeille » — car ses fleurs les attirent irrésistiblement.

La mélisse est appréciée pour son action sur les tensions nerveuses, les spasmes digestifs nocturnes et les états d’agitation légère.

Elle agit principalement en inhibant une enzyme appelée MAO-A, ce qui augmente naturellement les taux de sérotonine dans le cerveau — un neurotransmetteur essentiel à la régulation de l’humeur et du cycle veille-sommeil.

Une étude publiée dans le Mediterranean Journal of Nutrition and Metabolism a suivi 20 volontaires souffrant de stress chronique endant 15 jours, ils ont pris de ‘extrait de mélisse. Résultats : −18 % d’insomnie, −42 % de symptômes d’anxiété. Mais l’élément le plus frappant : 100 % des participants ont rapporté une réduction de leur stress, et 71 % ont qualifié leur sommeil d’amélioré[12]. Ces résultats sont particulièrement pertinents car le stress chronique est l’une des causes d’insomnie les plus fréquentes après 60 ans.

Un piège à éviter :

Soyez particulièrement attentif à son dosage : à forte dose ou en usage prolongé, la mélisse peut paradoxalement provoquer une légère agitation chez certaines personnes et perturber le sommeil[12]. Elle est également déconseillée en cas d’hypothyroïdie, car elle peut réduire l’activité thyroïdienne.

🌿 Le Houblon (Humulus lupulus) — Le secret bien gardé des brasseries

On le connaît surtout comme l’ingrédient qui donne son amertume à la bière, mais le houblon a une histoire médicinale bien plus ancienne. Dès le IXe siècle, des moines carolingiens le cultivaient non seulement pour brasser, mais aussi pour farcir des oreillers de sommeil avec ses cônes séchés — une pratique qui perdurera jusqu’au XIXe siècle en Europe du Nord. Le roi George III d’Angleterre aurait dormi sur de tels oreillers pour soulager ses insomnies. Ce n’est qu’au XXe siècle que la science a commencé à documenter pourquoi cette tradition avait du sens.

Son mécanisme d’action implique notamment l’interaction avec les récepteurs à la mélatonine — ce qui en fait un soutien intéressant chez les seniors dont la production naturelle de mélatonine est réduite.

Une étude publiée dans le Journal of Public Health Nutrition a examiné l’effet d’une consommation quotidienne de bière sans alcool enrichie en houblon sur la qualité du sommeil de 17 infirmières en horaires décalés — une population dont les troubles du sommeil sont documentés et sévères. Après deux semaines : réduction significative de l’anxiété et amélioration notable de la latence d’endormissement. L’étude a conclu que c’était bien le houblon, et non d’autres composants de la bière, qui produisait cet effet[13].

 ⚠️ Attention si vous souffrez de dépression : Le houblon est déconseillé en cas de dépression avérée, car son action sédative peut aggraver une humeur déjà basse. Il est également déconseillé en cas de traitement hormonal aux estrogènes, avec lesquels il pourrait interagir[13].

Peut-on combiner ces plantes ?

Oui, et c’est même souvent recommandé, car elles agissent sur des mécanismes complémentaires. L’association Valériane + Mélisse est la plus étudiée et bénéficie d’un fort niveau de preuve. La combinaison Passiflore + Valériane est également bien documentée.

Cependant, il convient d’être prudent et de ne pas multiplier les associations sans avis professionnel

Méfiez-vous des produits de mauvaise qualité : la concentration en principes actifs varie considérablement selon les marques et les modes de préparation. Privilégiez des extraits standardisés dont la teneur en composés actifs est clairement indiquée sur l’étiquette.

Conseils pratiques pour optimiser les effets des plantes

Les plantes sont plus efficaces lorsqu’elles s’inscrivent dans une hygiène de sommeil globale :

  • Maintenir des horaires réguliers : se coucher et se lever à la même heure, même le week-end.
  • Créer un environnement propice : chambre fraîche (16-18°C), sombre et silencieuse.
  • Éviter les écrans au moins 1 heure avant de se coucher (la lumière bleue inhibe la mélatonine).
  • Limiter la caféine après 14h et l’alcool le soir (qui fragmente le sommeil).
  • Pratiquer une activité physique douce en journée (marche, yoga, natation).

Ce qu’il faut retenir

Problème Plante Action principale
Difficulté à s’endormir Valériane Endormissement, anxiété
Sommeil fragmenté Eschscholtzia Endormissement, réveils
Ruminations, agitation Passiflore Apaisement sans somnolence résiduelle
Esprit actif, tensions Mélisse Relaxation nerveuse et digestive
Sommeil peu profond Houblon Soutien mélatonine

En conclusion

Les plantes médicinales ne sont pas des somnifères de substitution — et c’est précisément ce qui fait leur intérêt. Elles agissent en restaurant des équilibres physiologiques perturbés plutôt qu’en imposant un état de sédation artificielle. Pour les personnes de plus de 60 ans, dont les troubles du sommeil ont souvent des causes multifactorielles, cette approche peut représenter une alternative naturelle, saine et fiable pour retrouver un sommeil de qualité 

La clé reste l’adéquation entre le profil du trouble et le mode d’action de la plante choisie — et la patience de laisser le temps à ces solutions naturelles de déployer leurs effets.

En cas de traitement médicamenteux en cours, une consultation avec votre médecin ou pharmacien reste indispensable avant toute supplémentation.


Sources et références scientifiques

[1] Retraite Active Peel. Troubles du sommeil chez la personne âgée (2020).
[2] Senior Compagnie. Troubles du sommeil de la personne âgée.
[3] La Gériatrie. Les troubles du sommeil chez les personnes âgées.
[4] Insomnies.org. Comprendre et traiter l’insomnie chez les personnes âgées.
[5] Insomnies.org. CHypervigilance du sommeil : définition, symptômes et traitements.
[6] Fondation Sommeil. Les troubles du sommeil chez les aînés.
[7] European Medicines Agency (EMA). EU Herbal Monograph on Valeriana officinalis L., radix.
[8] National Center for Complementary and Integrative Health (NCCIH). Valerian.
[9] Abdellah S.A. et al.A combination of Eschscholtzia californica Cham. and Valeriana officinalis L. extracts for adjustment insomnia: a prospective observational study. Asian Pacific Journal of Tropical Biomedicine (2019).
[10] European Medicines Agency (EMA). EU Herbal Monograph on Passiflora incarnata L., herba.
[11] Cerny A., Schmid K.Tolerability and efficacy of valerian/lemon balm in healthy volunteers. Fitoterapia (1999).
[12] Koetter U. et al.A randomized, double blind, placebo-controlled, prospective clinical study to demonstrate clinical efficacy of a fixed valerian hops extract combination. Phytotherapy Research (2007).
[13] Franco L et al.The sedative effect of non-alcoholic beer in healthy female nurses. PLoS One. 201